"Là où le sol s'est enlaidi,  là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s'éteignent, les esprits s'appauvrissent, la routine et la servilité s'emparent des âmes et les disposent à la torpeur et à la mort."

Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes / Elisée Reclus - 1866

 

Carnet de notes

En biologie de l'évolution, on croise trop souvent l’idée selon laquelle l’existence d’un phénomène s’explique forcément par une finalité qui en découle. Selon cette notion caricaturale, si une chose existe, c’est à seule fin de produire un effet avantageux. Chaque plante ou même chaque organisme ne montrerait tel caractère particulier que pour servir à quelque dessein. Le dessein en question est évidemment la reproduction, et la capacité à donner une descendance nombreuse. Cette idée est sous-tendue par le paradigme de la compétition à tous les degrés du vivant. C'est cette fameuse loi du plus fort. Or ce point de vue n’est pas compatible avec la théorie génétique de l’évolution, faite de hasards et d’ajustements. Dans le monde vivant, la seule nécessité est d’être viable pour exister et se perpétuer. Autrement dit, ce qui n’est pas compatible avec la vie disparaît, tout le reste est possible. Cela laisse à la nature d’infinies variétés d’existence, et permet une multitude de modalités d’être. C’est bien ce qui explique la diversité des espèces, d’autant plus au bout de quelques milliards d’années d’évolution. Chercher sans cesse une finalité est encore une influence malheureuse de la pensée d’Aristote sur notre culture occidentale. Or il n’y a pas d’intention, il n’y a que des causalités.

-------------------------------------

Francis Hallé a raison de dire que le monde végétal nous offre l'occasion de découvrir une forme remarquable d'altérité dans le monde vivant. 

Observer les plantes et tenter de les comprendre nous aide à concevoir une manière d'être au monde totalement différente, et de nous débarrasser d'un habituel anthropomorphisme égocentrique.

Les plantes ne bougent pas : pourtant elles se défendent bien des multiples dangers auxquels elles doivent faire face. Une immense variété d'espèces végétales se sont multipliées depuis des millions d'années dans tous les écosystèmes possibles. Certaines plantes vivent des siècles alors qu'elles ne se déplacent pas.

Les plantes n’ont pas de bouche et elles se nourrissent.

Elles n’ont ni œil ni oreille qui leur permettraient de voir ou d’entendre, et cependant elles perçoivent très finement leur environnement.

Elles ne disposent d’aucune pompe comme le cœur pour faire circuler leurs fluides, et néanmoins la sève circule, vers le haut, vers le bas, et parcourt des dizaines de mètres dans le cas des arbres.  

Un philosophe de l’antiquité grecque, Aristote, a eu une influence majeure sur la pensée européenne, influence qui a malheureusement perduré pendant des siècles. C’est à lui principalement qu’on doit de n’attribuer aux plantes qu’une existence passive et dénuée d’interaction. Soit dit en passant, on lui doit aussi une idée qui est restée ancrée dans notre culture pendant trop longtemps, l’infériorité des femmes par rapport au genre masculin, mais c’est une autre histoire. Revenons aux plantes.  Au 18e siècle, le végétal occupait encore le bas de l‘échelle du vivant et n’était guère considéré comme autre chose qu’une ébauche de l’animal.

Au début du 19e siècle, commence à être révélée une certaine réactivité des plantes. Et enfin en 1859, la publication du livre majeur de Charles Darwin , « L’origine des espèces », est une révolution.

Notre compréhension du monde vivant est bouleversée et cette nouvelle approche continue d’être féconde jusqu’à aujourd’hui.  Bien qu’elle ait été formulée il y a cent cinquante ans, bien avant que soient possibles les observations au microscope électronique, bien avant la découverte du code génétique, la pensée évolutionniste continue d’être efficiente jusqu’à maintenant, tout autant pour les biologistes que dans le domaine de la métaphysique. Elle est non seulement compatible mais confirmée par les avancées des recherches actuelles en biologie.

 

------------------------------------------------------------

Elisabeth Dumont propose tout au long de l'année des activités sur le thème des plantes. Ces ateliers, conférences ou expositions s'adressent aux adultes comme aux enfants : une conférence sur le thème de la géométrie dans le monde végétal, une exposition sur les teintures végétales, un atelier sur la fabrication d'encres végétales, et d'autres encore (voir la rubrique Ateliers).

 

Pour connaître ses disponibilités et ses tarifs, la contacter par courriel ou par téléphone (voir la rubrique « contact » ).

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Le label "Livres de Loir-et-Cher", qui récompense chaque année un auteur du département, a été remis le 24 septembre 2019, à Elisabeth Dumont pour son livre "Encres de plantes". En conséquence Elisabeth Dumont viendra à la rencontre des Loir-et-Chériens dans les bibliothèques du réseau de lecture publique pour présenter et dédicacer ses œuvres. Plus d'information sur culture41.fr

 

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Merci à la revue "Science & pseudo-sciences / Association française pour l’information scientifique (AFIS) n° 330 - octobre-décembre 2019 pour cette note de lecture très sympathique :

"Découvert dans un magasin pour touristes à la sortie d’une visite d’un jardin en Dordogne, ce livre, traitant de maths au milieu des produits régionaux et de recommandations pour son potager, et agrémenté d’illustrations de grande qualité, me parut assez surprenant pour être attractif.

L’auteure y dévoile quelques secrets de plantes rares ou communes, par la combinaison d’une grande culture mathématique parfaitement maîtrisée et simplement expliquée, et d’un art consommé de la présentation. Je n’ai pas pu tourner une page sans avoir lu ou relu toutes les légendes associées aux photos. Je fus ainsi étonné de reconnaître des feuilles ou des fleurs qui parsèment les bords de chemins de campagne ou les étals des marchés. Si comme moi vous appréciez la beauté des mathématiques, vous vous étonnerez de la forme tubulaire d’une tige, d’une grappe de fleurs ou d’un coussin de poils. Même si on retrouve dans ce livre des sujets classiques pour un lecteur de revues scientifiques, tels que le nombre d’or, les fractales ou les symétries, ceux-ci sont abordés sans fascination excessive. Le sujet est bien le monde végétal et les concepts mathématiques, utilisés comme simples outils d’observation à la façon d’une loupe.

Je craignais de lire un catalogue. Je fus heureusement déçu car l’auteure, biochimiste, est une véritable passionnée de botanique et du vivant en général. Elle nous fait revivre, pour chaque structure, les étapes de sa formation. On se passionne pour l’émergence d’une vrille, pour le retour à la verticalité d’un tronc et l’ondulation d’une feuille permettant de capter la pluie.

L’auteure nous accompagne dans une flânerie bucolique, nous guide sur un chemin parcouru mille fois et nous livre une nouvelle façon de l’apprécier. Le propos est d’une grande richesse, parfois exigeant mais sans être rédhibitoire (le glossaire en fin de livre tient en quatre pages).

Sur le site de l’éditeur, on trouvera un extrait de lecture qui ne rend pas compte de la facilité qu’il y a à le parcourir."

Michel Kalcina, Association française pour l’information scientifique (AFIS) - 2019

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

merci à la Garance voyageuse, cette passionnante revue trimestrielle qui fait connaitre la nature,

pour cette note de lecture très sympathique :

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

mai 2019 : Le nouveau livre "Teindre avec des plantes (locales)"  est paru chez Ulmer.

Est-ce que les plantes permettraient une production textile moins polluante ?

Voici quelques chiffres :

L'industrie de la mode produit chaque année environ 30 millions de tonnes de textile par an. Pour colorer ces tissus, il faut 300 000 tonnes de colorants.

Pour produire chaque kg de colorant, il faut :

100 kg de pétrole, plus de 9 kg de solvant, et plus de 1000 litres d'eau.

Les plantes ne peuvent pas constituer une alternative : en effet pour teinter les jeans en bleu, 40 000 tonnes d'indigo synthétique sont nécessaires, et il faudrait la surface de l'Allemagne pour produire cet indigo végétal.

(source : documentaire de Sidonie Garnier - 2017)

En somme il faudrait produire - consommer - jeter moins de textile !

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Le dernier ouvrage "Encres de plantes" reçoit un bel accueil :

Xavier Gerbeaud, sur son site de conseils en jardinage : https://www.gerbeaud.com/livres/encres-de-plantes-livre,316.html

Georges Lévêque, sur son site d'actualités des jardins : http://georgeslevequejardins.com/une-lecture-sur-les-encres-de-plantes/

et sur ce site de cuisine : http://www.grelinettecassolettes.com/2018/10/encres-de-plantes-elisabeth-dumont.html

En mai, c'est le moment de récolter les pétales d'iris bleu foncé pour fabriquer de l'encre verte ou bleue.

 

L'intimité de la fleur d'iris au parfum si envoutant :

 
 
 
une belle idée de dessert au parfum sauvage :

faire infuser une branche fleurie de lierre terrestre (glechome) dans du lait

et l'utiliser pour faire par exemple un dessert au tapioca.

 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

avril : n'oubliez pas que c'est juste le moment :
-des salades de jeune pissenlit (sans omettre les boutons floraux, c'est le meilleur !)
-des soupes d'orties (juste les 4  dernières feuilles)
-des pesto d'ail des ours sur du pain grillé ou des pâtes (à foison cette année)
-des minuscules feuilles de plantain lancéolé qui ont le goût de champignons (pas pour très longtemps).

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------